Articles

A propos de Combat mental

Mardi 24 Janvier 2012
Je me suis rendu trois après-midis de suite dans ce lieu mystérieux et caché au nom poétique qui annonce peut-être la venue de l'orage après une chaude journée d'été. J'ai été frappé par l'atmosphère de liberté qui y régnait, de bouillonnement d'idées dans lequel étaient plongés les stagiaires pour travailler sur le poème Combat mental d'après Ben Okri, un écrivain nigérian contemporain. Certains étaient sortis pour prendre des photos dans le quartier en rapport avec un des thèmes choisi dans le poème pour exercer leur capacité de création puisqu' ils tous là pour ce travail pendant une semaine. D'autres étaient présents pour construire une situation théâtrale à propos de la vie nouvelle et cachée d'un certain dignitaire nazi prénommé Adolphe dans un pays indéterminé d'Amérique du Sud après la Seconde guerre mondiale, d'autres encore travaillaient sur ordinateur pour mettre en forme leur production. Bref, j'ai assisté et aidé parfois, si peu, à la naissance d'un ensemble de travaux présenté le vendredi après-midi qui clôturait le stage. J'ai bien aimé aussi le cuisinier, éminent et créatif gastronome -Dieu diabolique(?)-, qui préparait des recettes savoureuses tant il était amoureux du monde. De tout cette production, j'ai vu, ressenti, palpé un immense et puissant fleuve d'Afrique subtropicale, charriant des tonnes d'eau boueuse, chargée d'un riche limon, emportant tout sur son passage, arrachant indistinctement ses rives et leurs habitants tant la vie est là, bouillonnante et monstrueuse avec ses situations et ici ses idées multiples. Merci pour cette riche expérience et la créativité des stagiaires.

P. DUREUIL

Ajouter un document.

Prise de parti

Mercredi 20 Juillet 2011

La Conférence des Oiseaux Poème perse du XIIème siècle du grand poète soufi Farid Uddin Attar Nouvelle adaptation par le Théâtre Le Vent se Lève !

Chantier soutenu par le service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation- novembre 2010

Dans un théâtre bois tabac aux rideaux noirs, la verrière se reflète dans un long miroir, un jour ici, l’autre là. Un décor de chaises aux ailes légères habille la scène de ses jeux d’ombre et de lumière. Le lustre miroir scintille, éclats fragmentés de nos perceptions illusoires, espoir d’un salut ici-bas, en soi, dans l’œil de la tornade.

Une famille, un père et un fils à la voltige, deux sœurs siamoises et leur cadette à l’image et aux plumetis, un musicien, deux récitants, un corps de ballet et deux intercesseurs se découvrent et s’éprouvent.

Un derviche blond enflamme de ses percussions le sombre slam des caïds or et noir. Un daïmon turquoise, feu follet grâce et malice, s’élance et s’avance. Le vent se lève, les cœurs piégés défendent leur gangue, les corps rechignent. Mais les écailles crissent, le vent s’engouffre, l’âme tangue et s’abandonne à l’audace délicieuse. Empêchés et empêcheurs de tourner en rond se fondent enfin dans la cité reconstituée, sous le regard enjoué des enfants et du politique.

Un lieu qui se soumet à l’appréciation, s’expose à la critique et explore son propre mode d’expérimentation s’épargne au moins l’écueil de la zone de non-droit. Entre art et société, marges et institutions, réalité et utopie, le lieu « tiers » qui nous intéresse est celui qui allie pratique et éthique, partage le temps de parole plus qu’il n’alloue l’espace, se donne les moyens immatériels de ne pas brasser du vent.

Claire-Hélène Moreux, Paris, novembre 2010

Télécharger La Huppe et le derviche

Ajouter un document.

Prise sur le vif

Mercredi 20 Juillet 2011

La Conférence des Oiseaux Poème perse du XIIème siècle de Farid Uddin Attar {Chantier création au Théâtre Le Vent se lève, en collaboration avec l’atelier du CATTP de Gonesse, Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel, janvier 2011}

  • Plumes au pinceau et pistolet à colle
  • à dessein
  • pour rien
  • la rage et la joie
  • sous le regard des témoins
  • acteurs en ligne de mire
  • observateur privilégié
  • pour le plaisir de voir
  • l’éclat d’un sourire
  • l’éveil à soi
  • dans la peau d’un autre
  • sous les atours froissés
  • d’un jabot coloré ou d’une queue de pie lamée
  • le costume
  • l'appeau de l’âme

Claire-Hélène Moreux, Paris, 20 juillet 2011

Télécharger Costumes au pinceau

Ajouter un document.

Creer un article.

Description

Publication des rapports d'étonnement, des observations, des témoignages, des récits de nos travaux collectifs en cours... Rendre compte hors de tout compte-rendu ou rapport possible! témoigner, élaborer des traces de l'activité; structurer la mémoire du travail de la création, accompagner de mots, d'images, de sons à la volée des échanges et des tentatives; rien n'est échec, mais tout est tentative, simple détour, méandre nécessaire à l'avancée; suivre le cours ce ces eaux que personne ni rien n'empêchera jamais de couler.